Juré d’un jour à Chavanay !

affiche.marché aux vinsUne première pour moi ce lundi : me mettre dans la peau d’un juré pour une foire aux vins. Et pas n’importe laquelle : celle de Chavanay, dont la 91ème édition aura lieu cette année du 12 au 15 décembre. Sans le savoir, vous connaissez déjà cette petite ville au carrefour de l’Ardèche, de la Loire et du Rhône. Partez de son centre et dans un rayon de moins de 10 kms, vous serez dans les vignobles de 3 crus de la Vallée du Rhône nord : Condrieu, Saint Jospeh et Côte-Rôtie.

Le principe d’un tel concours est que des professionnels du vin (ou des amateurs passionnés) passent au crible des échantillons bien évidemment anonymes. 5 catégories sont représentées : Condrieu, Saint Joseph Blanc et Rouge 2013, et pour les jurys les plus gâtés : Saint Joseph Rouge et Condrieu 2004.

Sur la quinzaine de vins dégustés par catégorie, 3 médailles sont attribuées (or, argent et bronze). Ici, la proportion de médailles me semble juste : dans certains concours, c’est près d’un vin sur deux qui est titré ! A noter des récompenses supplémentaires de la part d’un jury féminin pour Condrieu et Saint Joseph Rouge 2013

L’événement était organisé par Marc Rouvière, le président du syndicat viticole des Vignerons de Chavanay. Il est aussi le propriétaire du Domaine du Chêne dont on m’a dit le plus grand bien. Je n’ai malheureusement pas encore eu le loisir de déguster et vous le partagerai sur le blog, quand cet impair sera réparé.

Une matinée et 24 vins

3Cette expérience m’a permis de noter d’abord 16 échantillons de Saint Joseph Rouge sur les critères visuels, olfactifs et gustatifs. Sur les 20 points à donner par vin, ma moyenne fut de 12,5, avec une répartition sur l’ensemble de 8 à 16. J’espère ne pas avoir été trop sévère !

Pas évident comme exercice : les échantillons se sont vite enchaînés (à peine 2 minutes par vin). Autre difficulté : sur quoi se fonder pour juger le travail du vigneron ? Sur la façon dont un vin est censé représenter son appellation ? Sur un « goût » personnel ? Cf pour cela ma définition d’un « bon » vin.

Autre dilemme : le vin doit-il être noté à l’instant T de son service ou sur son potentiel d’évolution ? Certains n’étaient pas encore en place alors que d’autres étaient déjà prêts à être consommés.

Pour illustrer mon propos, j’ai eu droit à toute la palette que peut livrer cette appellation de Saint Joseph Rouge : du concentré noir en visuel comme du dilué, du rustique affirmé au nez comme du discret fruit frais, du puissant en bouche comme de la finesse grâce à des tanins déjà fondus, etc.

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Ma prise de notes durant la séance…

Après une pause croissant bien méritée, reprise des hostilités avec une nouvelle catégorie et ses 8 meilleurs vins précédemment sélectionnés par un autre jury. Je n’ai pas changé d’appellation mais juste de couleur avec les Saint Joseph Blanc 2013. Le piège ici aurait été de sur-évaluer les échantillons en se disant qu’il s’agissait de la crème déjà validée par des confrères. J’ai préféré faire abstraction de ce contexte pour juger intrinsèquement les vins. La preuve : ma note moyenne a pris seulement 0,5 point en passant de 12,5 à 13.

Autant les rouges furent assez différents, autant les blancs furent assez homogènes. Tant au niveau de leur qualité : un nez net, soutenu et agréable, que de leur défaut : un grand volume en bouche sans acidité pour les soutenir et du coup, un alcool qui chauffe rapidement. Dès qu’un de ces vins présentait un peu de fraîcheur, il recevait immédiatement une meilleure note.

Un moment de convivialité

Nous avons d’abord dégusté dans une ambiance assez studieuse mais inévitablement les avis entre voisins ont ensuite fusé : « Dis, c’est quoi ton tiercé ? Tu as mis combien au n°8 ?… »  J’en ai profité d’ailleurs pour faire des belles rencontres : André, président d’un club d’œnologie dans la Loire, Patrick de la presse régionale et amateur éclairé de vin ou encore Daniel Mondon qui du temps de son activité de vigneron, a fait beaucoup pour la reconnaissance de l’AOC Côtes du Forez. Le tout s’est ensuite prolongé autour d’un buffet campagnard et de la remise des trophées pour les aspirants sommeliers de l’école hôtelière de Tain l’Hermitage.

Si les autres concours vinicoles sont organisés dans ce même état d’esprit, je renouvellerai bien une nouvelle fois l’expérience de juré ! NB : les résultats des médailles seront proclamés en direct le vendredi 12 au soir, en compagnie des vignerons. Si vous êtes dans la région, n’hésitez pas à y assister – et ayez une petite pensée pour moi 😉

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Après l’effort, le réconfort….

4 Responses

  1. Kayleigh dit :

    Hey! This post could not be written any better! Reading this post reminds me of my old room mate! He always kept chttniag about this. I will forward this write-up to him. Fairly certain he will have a good read. Thanks for sharing!

  2. safesuto dit :

    Huoh. Hiukan naurettavaa skeptikoiden tarttua taika"temppuihin". Ei kai kukaan tosissaan usko, että Uri Gellerilla olisi sen kummempia voimia, kuin muillakaan taikureilla. Kas, kun ei yritellä todistella, ettei klovnilla ole oikeasti punainen nenä tai vetten päällä ei voi kävellä 😀

  1. 9 février 2015

    […] mois après ma première expérience de juré à Chavanay dans la Loire, me re-voici à renouveler l’expérience de déguster et noter des échantillons de […]

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