Portrait #5 : Luc Bayon de Noyer, Domaine des Gravennes

IMG_04531h15. C’est le temps de trajet qu’il faut compter entre mon domicile à Valence et l’Université du Vin à Suze la Rousse.

C’est à la fois peu car dans la promo, des collègues sommeliers viennent parfois beaucoup plus loin de France ou de l’étranger (Chine, Mexique, Brésil, etc). Mais 2*75 minutes c’est surtout beaucoup pour un temps de trajet chaque jour.

Du coup, je me remets en mode étudiant à 100% en louant une chambre sur place, en Drôme Provençale.
Et tant qu’à faire, autant habiter directement chez le vigneron, histoire de prolonger ma formation autour de la table le soir !

C’est ainsi que depuis mars, je loge en semaine au Domaine des Gravennes. Franchement, je suis incapable de vous dire qui de la famille Bayon de Noyer ou de leurs vins est le meilleur car ils sont tous deux extraordinaires.

Le domaine produit des Côtes du Rhône et Côtes du Rhône Village. Il est régulièrement étoilé par le guide Hachette – non sans raison, on va y revenir.
Quant aux membres de la famille, ils ont tous un sens aigu du partage et de la convivialité.

Bref, que du bonheur d’être ici, aux Gravennes.

P1110468J’ai maintenant le plaisir de vous présenter Luc, qui reprend l’exploitation familiale depuis quelques années. Vraiment un chouette type !

Luc, peux-tu revenir sur l’histoire du Domaine des Gravennes ?

A l’origine, le Domaine des Gravennes et du Jas formait la même et seule propriété.

En 1996, ma mère récupère 20 ha de vignes familiales et décide de créer son propre domaine, les Gravennes, du nom des gros cailloux plats qui caractérisent nos sols – une sorte de graves pour ceux qui connaissent le Bordelais.

A l’époque, j’avais 8 ans et je me revois en culotte courte en train d’attacher les vignes !
En 2001, mon père se sépare de son entreprise de cuve pour se consacrer à temps plein au domaine et dynamiser la commercialisation de nos vins. Et depuis mon arrivée en 2011, nous sommes certifiés en agriculture bio.

Justement, quel est ton parcours dans le vin avant ton arrivée à la tête des Gravennes ?
J’ai commencé classiquement pas un BTS viti-oeno à Beaune en 2008 puis ai ensuite voyagé un peu partout dans le monde.
Par exemple, j’ai fait une saison entière au Liban comme responsable de cave et des vignes.  Idem en Nouvelle-Zélande où j’étais assistant winemaker. Je me souviens tout particulièrement de mes 6 mois passés à Nappa Valley en Californie. J’ai travaillé là-bas dans une industrie du vin très professionnelle, capable de sortir des vins de haute qualité. Avant d’arriver pour les vendanges de 2011 aux Gravennes, j’ai terminé mon tour du monde à Londres où j’étais Sommelier dans un restaurant gastronomique.
Toutes ces expériences donnent une belle ouverture d’esprit pour faire le vin !

Qu’est-ce que ça fait de reprendre une exploitation viticole ?
C’est super ! Le domaine est jeune et possède un beau potentiel de développement. Pour cela, j’ai la chance incroyable d’avoir carte blanche par mes parents.

DSC01120 - Copie
Jean et Bernadette Bayon de Noyer

luc - Copie

Que cherches-tu à faire en matière de vins ?

Travailler le plus naturellement possible, prendre le temps d’observer. Rester vigneron, en somme ! Chaque année, j’aime bien tester aussi une nouvelle expérience : cuvée sans sulfite, 100% Syrah, etc.

Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de les déguster, comment qualifies-tu tes vins ?
Par la finesse…Notre oenologue dit que les vins des Gravennes sont fait comme de la dentelle…
C’est très flatteur car je recherche en effet la fraîcheur, la rondeur et travaille mes tanins pour en faire du velours !

Les projets du domaine ?

Ils ne manquent pas ! Nous construisons actuellement un caveau flambant neuf. C’est indispensable pour recevoir dans de bonnes conditions les nombreux clients de passage dans notre belle région. J’ai  hâte de faire découvrir nos vins au plus grand nombre, présenter notre travail dans les vignes, à la cave…

Autre beau projet avant la fin de l’année, c’est l’arrivée de mon frère Rémi. Il remplacera  notre mère dans la gestion administrative  du domaine et  nous aurons en commun la partie vigne et cave.  Rémi était auparavant ingénieur dans un bureau d’étude à Paris et comme toi Sébastien, il s’apprête à faire le grand saut !

Avant de passer à la boite à questions de Luc , zoom sur les vins des Gravennes :

P1100245
Présentation horizontale des vins du domaine

Pour les avoir tous goûtés, voici mes 3 coups de cœur : 

  • La Marie-Louise : première et deuxième bouteille de gauche : LA cuvée étoilée Hachette. J’ai eu le privilège d’en faire une dégustation verticale de 2011 à 2007. C’est bien simple : plus on recule dans les années, plus le vin se bonifie et enchante les papilles. Un potentiel de garde énorme.
  • Le Côte du Rhône Village :  quatrième bouteille en partant de la gauche :vous retrouverez ici tout le caractère du grenache et le côté fruit gourmand de la Syrah. Un vin 100% plaisir qui a trouvé bonne place dans ma cave.
  • L’Agapé : troisième bouteille de droite, 100% viognier, un vrai cocktail survitaminé d’abricot et de citron !

Et maintenant la boîte à questions de Luc, en terroir inconnu…

8 questions que je pose à chacun de mes portraits. 

Ta devise ?Toujours aller de l'avant, avec simplicité et exigence !
Ton modèle ?Mes modèles sont multiples et ont pour point commun le bio. Je pioche et fais la synthèse avec ce que j'ai vu en bourgogne, dans le bordelais, les gens que je rencontre dans la région, etc.
Ta principale source d’agacement ?La paperasse.
Ton meilleur souvenir de dégustation ?Je pense à une dégustation chez mon ami Vincent, avec un Grands Echezeaux 2011 - Côtes de Nuits, Domaine Gros frère et soeur. Beaucoup d'émotions me reviennent, c'était extraordinaire....
Ta chanson préférée après quelques verres ?"lalala", c'est le traditionnel ban bourguignon
Ton mot pour qualifier les vins de la Vallée du Rhône ?De belles découvertes à faire.
Ta vision de ces vins dans 15 ans ?Toujours vers le haut ! Depuis 7-8 ans, on grimpe et ça va continuer.
Ton souhait le plus cher ?
Que du plaisir dans les rencontres grâce au vin, c'est bien là l'essentiel.

 

4 Responses

  1. ça semble bien sympa ; peut etre pourrons nous visiter ce domaine…. la degust avec video top vraiment un PRO !

    • Sébastien Xaé dit :

      Cher Michel, je te confirme que le Domaine des Gravennes vaut le détour – aussi bien pour les vins que pour la famille Bayon de Noyer.
      Sinon, merci pour ton compliment sur la dégust en vidéo 😉

  2. Gabrielle Granone dit :

    Bonjour Sébastien et merci pour ton blog! J’entre à Suze dans 3 semaines. Peut être pourrais tu m’envoyer par mail plus d’informations concernant les chambres au sein de cette famille? Par avance merci :)

    • Bonjour Gabrielle ! Je pense que tu ne pourras trouver meilleur hôte durant ta formation. N’hésites pas à contacter rapidement le domaine des Gravennes pour s’assurer qu’ils ont encore de la disponibilité. Très bonne formation à toi !

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